Service local du RÉCIT Commission scolaire de Kamouraska - Rivière-du-Loup

TIC et APO ! Du pareil au même ?

vendredi 28 octobre 2005 par Martin Bérubé

Deux acronymes qui nous interpellent en tant qu’éducateur. Tous les deux visent l’utilisation de l’ordinateur dans nos classes. Mais, est-ce que ces deux abréviations signifient la même chose ? La réponse est « non » !

L’abréviation A.P.O. signifie « Application Pédagogique de l’Ordinateur ». Il s’agit en fait de la concrétisation du vieux rêve de Skinner et de sa machine à enseigner ! Pourquoi une telle approche s’est-elle développée ?

Avec l’arrivée des premiers ordinateurs personnels en classe au milieu des années 80, tout était à inventer en ce qui concerne les logiciels, surtout éducatifs. Les seuls programmes disponibles étaient les logiciels de programmation. Il fallait programmer ses propres applications pour pouvoir se servir des ordinateurs personnels. Cette contrainte, à l’époque, a rebuté plus d’un enseignant. C’est une des raisons qui ont amené certains membres du personnel enseignant à dire que d’utiliser un ordinateur en classe, c’était trop difficile !

Pourtant, il y en a qui ont persévérés ! Mais, ils ont reproduit le modèle qu’ils connaissaient. Ils ont construit des exerciseurs et des didacticiels selon l’approche béhavioriste ; l’élève répond à un stimulus et en retour, la machine lui retourne une réponse en terme de renforcement positif ou négatif ; l’ordinateur félicite si la réponse est bonne ou demande à l’élève de recommencer si la réponse est fausse.

L’approche n’est pas mauvaise en soi. Bien au contraire, l’enseignant n’a plus besoin d’interagir régulièrement avec l’élève, c’est l’ordinateur qui se charge de distribuer les renforcements et de donner du « feed-back » que je qualifierai de premier niveau. Lorsqu’il y a de sérieux problèmes d’apprentissage, l’enseignant a toute la latitude pour s’occuper de l’élève en difficulté. Chaque séquence d’apprentissage peut être morcelée pour atteindre l’objectif fixé par le programme jusqu’à ce que l’élève ait appris le contenu prescrit. Les exerciseurs et les didacticiels sont véritablement conformes à un programme de formation par objectifs. Deux preuves que cette catégorie de logiciel est conforme à l’approche béhavioriste : Qui n’a pas promis à ses élèves qu’ils iraient travailler à l’ordinateur s’ils avaient bien fait leur travail ? Et la seconde : Pourquoi les laboratoires d’informatiques sont-ils si populaires les vendredis après-midi ?

Il n’en va pas de même avec une approche par compétences ! Bien au contraire. Afin de développer l’habileté à utiliser l’ordinateur, une série d’exerciseurs et de didacticiels peuvent être utilisés, mais il faut aller au-delà de cette simple utilisation ! Comment croyez-vous que les secrétaires et les techniciens en informatiques développent leurs compétences professionnelles ?

Si l’on se réfère à la taxonomie de Bloom ,
1. Acquisition de connaissances
2. Compréhension
3. Application
4. Analyse
5. Synthèse
6. Évaluation

L’utilisation d’exerciseurs et de didacticiels ne dépasse généralement pas le niveau 1 d’acquisition de connaissances.

Doit-on cesser d’utiliser les exerciseurs et les didacticiels pour autant ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, ma réponse est « non » !

Comme il est spécifié dans le programme de formation , « Connaissances et compétences ne s’opposent pas : elles se complètent » [1]. Les exerciseurs et les didacticiels ont leurs places au préscolaire et au premier cycle du primaire. Ils peuvent aussi servir dans le processus « Contextualisation - décontextualisation - recontextualisation », surtout lors de la phase de décontextualisation où il faut que les élèves travaillent sur des connaissances spécifiques comme l’accord des verbes en français ; l’addition, la soustraction, la multiplication en mathématique ; le système solaire et les saisons en science et technologie ; les verbes irréguliers en anglais ; etc.
Ils peuvent aussi servir dans une approche différenciée ! Je vois bien un ou des élèves qui ont une difficulté particulière, dans le cadre d’un atelier carrousel ou d’un atelier arbre, en train de consolider leurs apprentissages en travaillant à l’ordinateur dans un coin de la classe.

Bref, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ! Je pense que les APO ont encore leur place comme approche différenciée dans le cadre d’un programme par compétences. Mais, il faut que les exerciseurs et les didacticiels soient utilisés dans le but de développer la compétence transversale qui consiste à amener l’élève à « exploiter les technologies de l’information et de la communication ». Nous en reparlerons dans une prochaine chronique.
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Afin de vous soutenir dans votre appropriation du monde des TIC, je vous suggère de fréquenter régulièrement le site Web du Service local du RÉCIT de la Commission scolaire de Kamouraska - Rivière-du-Loup. C’est une invitation !

[1Programme de formation de l’école québécoise. Enseignement secondaire, premier cycle. p. 9


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